jeudi 26 avril 2007

L'Europe de l'Est, la VRAIE !

Hum, ça fait un petit bout de temps que je n'ai pas donné de nouvelles encore une fois, mais je dois avouer que tout s'accélère en ce moment : l'arrivé de Français venus rendre visite, la fin du semestre qui arrive dangereusement et toujours ce mémoire à avancer, sans parler des rayons du soleil qui sont toujours plus attirants que ceux d'un écran ! Bref, trois semaines se sont écoulées depuis le dernier post où je filais vers l'Ukraine, un des meilleurs trip que j'ai fais depuis que je suis ici. Organisé complétement à la dernière minute, encore plus pour Louis qui s'est décidé à m'accompagner deux heures avant le départ du train, on s'en sera plutôt bien tiré malgré de nombreux rebondissements.

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Le premier fût une correspondance ratée à Nyirgyhaza, sans doute en raison d'horaires erronés que nous avions trouvés sur Internet, du coup à Zahony il n'y avait plus de train de nuit pour Lviv et nous avons décidé de veiller en attendant le prochain pour Chop_ à 5 heures du matin. La nuit est passée relativement rapidement puisque nous avons finalement rencontré des Hongrois qui n'avaient pas non plus vraiment envie de dormir, et c'est dans l'unique bar/salle de jeux ouvert toute la nuit qu'à l'abri des caméras la France et la Hongrie se sont affrontées au Cso-Cso (prononcer "tcho-tcho" qui veut dire baby-foot) dans un match au sommet ! Plus sérieusement on a été très surpris de voir l'image que des Hongrois vivants à 20 kilomètres de l'Ukraine avaient de ses habitants ! ""N'allez pas là-bas, il y a des voleurs partout, vous allez avoir des ennuis !", "Méfiez vous des enfants dans les rues qui voudront vous faire les poches", "Donnez un backshish au premier policier que vous verrez pour vous assurer de sa protection", etc... Bien sûr une fois qu'on arrive en Ukraine, on voit que la réalité est bien différente, un peu plus rose mais surtout plus rouge !

C'est ce qu'on s'est dit en arrivant : bienvenue en Europe de l'Est, la vraie ! Non pas qu'il y ai des statues de Lénine à tous les coins de rue, mais la corruption est encore bien présente un peu partout, très peu de gens parlent anglais, et surtout le fameux soviet-style pour l'accueil des touristes anglophones : une tête de trois pieds de long, le regard dans les chaussettes et un grognement signifiant "vous ne pouvez pas parler russe comme tout le monde !"... Prévoir une bonne demi-heure pour tout achat de billet de train à la gare ! Heureusement, et c'est ce qui a fait tout l'intérêt de ce weekend, nous avons rencontré des Ukrainiens vraiment sympas qui nous ont offert gîte et couvert... Hasard de calendrier nous sommes allés dans ce pays où la très grande majorité de la population est orthodoxe pour le weekend de Pâques. Cette fête est pour eux encore plus importante que Nöel et les rituels très différents des notres. Premièrement personne ne sort, ne bois, ne fait rien, excepté aller à l'église le samedi. Ce qui était un petit peu perturbant pour nous au début, puisque le seul endroit que nous ayons trouvé ouvert après 22h était l'éternel Mac Do, qui n'est pas le meilleur endroit pour goûter une bonne vodka locale... Du coup on a un petit peu déprimé on se demandant quel était ce pays où personne ne fait rien le samedi soir après 22H, hésitant même à partir le dimanche matin pour aller visiter un bout de campagne... en Pologne...

Heureusement, dimanche arrivant, nous avons compris que ce week-end n'était pas un week-end comme les autres... Le matin, les files d'attentes à l'entrée des églises sont toujours aussi longues, mais à midi tout le monde en sort et se retrouve sur le parvis pour que le prêtre bénisse les oeux et une sorte de pain couvert de sucres colorés que chacun cuisine et apporte dans un panier en osier recouvert d'une broderie. Ici les oeufs ne sont pas en chocolat mais sortent bien de la poule avant d'être vidés puis peints avec une attention particulière. Les Ukrainiens que nous avons rencontrés étant d'ailleurs étudiants en art/peinture, leurs oeufs (qu'ils nous ont d'ailleurs offert quand nous sommes partis) étaient vraiment travaillés ! Les gens enlèvent alors la broderie qui recouvre le panier et le prêtre parcours le cercle ainsi formé pour bénir pain, oeuf et parfois même - si si promis on l'a vu - une bouteille de vodka !

Ceci étant fait la fête peu commencer ! Tout le monde se retrouve dans un parc aux abords de la ville qui est normalement le musée ethnographique d’art folklorique et de la vie rurale. Maisons en bois, gens en costume traditionnel, vodka à gogo, jeux en tous genre : pyramide humaine, éléphant, course poursuite avec ceinture pour fouetter (c'est toujours plus drôle), et même tirs de fusils en l'air ! C'est à cette grande fête que nous avons rencontré nos amis Ukrainiens qui jouaient alors en costume traditionnel de la musique folklorique. Le soir venu nous avons filé sur la colline qui surplombe Lviv, où autour d'un feu nous avons pû vérifier qu'ici la vodka se boit au goulot (avec une vrai étiquette en cyrillique, la grande classe) sans diluant et en quantité. Nos musiciens ayant une guitare avec eux j'ai été amusé de voir que les standards du rock sont plus ou moins les mêmes (Led Zeppelin, Beatles, etc...) mais toutes les paroles sont en Russe ! L'URSS n'était donc pas complètement hermétique à la culture de l'Ouest, celle-ci était seulement filtrée... Nous sommes finalement rentré à sept dans un taxi qui ne voulait pas plus de quatre passagers, mais après lui avoir dit que nous payerions le Bakchich si la police l'arrêtait, celui-ci s'est tout de suite montré beaucoup plus compréhensif... Ici aussi la bouffe de retour de soirée est d'usage, et un bon goulash version Ukrainienne ça vous retape son homme !

Le lendemain matin on a découvert le rituel du Lundi de Pâques qui se fait un peu dans toute l'Europe de l'Est, mais ici c'est une version un peu plus, comment dire... humide... Pour faire simple nous dormions tous sagement à sept dans une petite chambre quand sans prévenir, quelques litres d'eau nous sont tombés dessus ! J'ai d'abord pensé à une vengeance des coloc' pour le bruit qu'on avait fait la veille mais non, c'est simplement comme un Lundi... de Pâques... Et ça se poursuit toute la journée dans la rue : seaux d'eau lancés depuis les fenêtres, pistolets à eau pour les plus jeunes, bouteille de 2 litres pour les plus grands. A un moment nous marchions sur le trottoir, et je vois une voiture arriver, ralentir à notre hauteur tout en ouvrant sa vitre, un canon sortir par la fenêtre, non pas de kalashnikov mais de pistolet à eau ! Ouf, tout va bien...

Un petit marché à souvenir, quelques emplettes, un dernier tour dans la ville, un lancé de piécettes dans une magnifique fontaine pour souhaiter plein de bonnes choses à nos hôtes et nous devions déjà repartir lundi soir pour Budapest. Même galère de billet à l'aller avec un contrôleur qui nous dit que notre billet n'est pas valable sans que l'on sache pourquoi, mais cette fois un gros gaillard ex-officier de l'URSS maintenant Hongrois nous a pris sous son aile jusqu'au retour, et nous a acheté nos billets sans qu'on se fasse "entourlouper". On a quand même du changer deux fois de train et attendre 2 heures en pleine nuit à la frontière le temps que les mécanos s'occupent de réajuster les roues du wagon aux rails Européens, mais nous voilà de retour en Europe de l'Ouest !

PS : Il y a quand même un petit point noir à ce week-end qui explique qu'aucune photo n'est de moi (principalement de Guillaume) dans ce post : la disparition plus que suspecte de mon désormais regretté appareil photo qui s'est laissé attrapé par une main Ukrainienne au lieu de rester au chaud au fond de ma poche... J'espère que son nouveau propriétaire en prend soin, sans batterie ni chargeur j'en doute... A ta mémoire petit appareil, voilà la dernière photo que tu me laisse... Snif...

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mercredi 4 avril 2007

Springtime !

Bon, avec l'arrivée du soleil, les sorties, mon mémoire dans lequel j'arrive enfin à me plonger, je ne prends plus trop le temps de donner des nouvelles du front... Voilà donc en résumé photo pour faire plus vite ce qui se passe ici dans l'Est...

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Il y a deux semaines j'étais parti avec Louis et Manue dans le Mara Mures au nord-ouest de la Roumanie pour rejoindre Christi, une amie roumaine de Manue qui s'occupe d'un orphelinat à Satu Mare. Après être arrivé là-bas nous sommes parti plus au Nord dans la campagne Roumaine qui a cet endroit semble ne pas avoir changé depuis le milieu du siècle dernier. Voilà donc sur les routes d'un petit village au Nord de Baia Mare, de gauche à droite : Manue, Christi et Louis, jamais sans sa guitare...

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Tout le village est construit autour d'un chemin longeant la rivière et ici les habitants accordent une grande importance à la façade de leur maison, le résultat est vraiment joli. En voilà une parmi tant d'autres :

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Le weekend ce village est un repère de pécheurs qui viennent aux abords de cet énorme lac, calme campagne....

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Après une mini-rando-ascension, éprouvante pour des corps plus très habitués à faire du sport, pour escalader la colline surplombant le lac (au milieu de la photo, juste au-dessus), nous avons décidé d'installer le bivouac au sommet : deux tentes, un petit feu, une soupe, du pain, deux guitares, du vin, le bonheur quoi !

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Malgré l'arrivée du printemps il a certes fais un peu froid, et la pluie aidant le lendemain nous avons préféré dormir dans le village chez un petit commerçant nous offrant l'hospitalité contre une poignée de Ron (monnaie roumaine), ce soir là nous avons trouvé la chaleur non pas autour d'un feu mais d'une palinka (eau de vie) dans l'un des quelques kocsma (bar, pfiou il faut tout traduire !). Mais donc l'important est que le printemps est arrivé, les fleurs repointent enfin le bout de leur pétales :

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Après tout ça, retour à Budapest comme on est arrivé c'est à dire un train, puis un bus, passage de la frontière à pied, quelques kilomètres en stop puis cinq heures et trois changements de train plus tard nous voilà revenu !

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Depuis le ciel bleu n'a quasiment pas quitté Budapest, ce qui nous donne l'occasion d'aller profiter de l'île Marguerite située au coeur de la ville sur le Danube (sa grande soeur juste au nord acceuil le festival du Sziget - "île" en Hongrois - dont la programmation pour 2007 vient d'ailleurs d'être bouclée)...

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Séance de foot, jonglage et musique obigatoire !

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Sinon demain départ pour L'viv au sud-ouest de l'Ukraine où je rejoins Guillaume, un Lillois expatrié en Slovaquie pour le compte de l'Alliance Française, l'occasion de changer d'alphabet...

mardi 27 février 2007

Randonnée dans le nord Hongrois

Complètement sur un coup de tête et au lendemain d'un concert de Jazz fort sympathique, nous avons décidé avec Louis - collègue Lillois venant d'une école d'Ingénieur en Agriculture voisine à la mienne - de nous mettre au vert pour un weekend. Nous pensions partir vendredi mais suite à la proposition d'un copain Hongrois d'aller se faire un petit boeuf musical (batterie, guitare, basse, saxo), nous avons décalé notre départ au samedi matin. Au passage, cet endroit où nous avons été jouer en banlieue nord de Budapest est tout simplement génial : un énorme bâtiment a été racheté par une société qui sous-loue les locaux à tout ceux qui ont besoin d'un local à prix abordable. Au final ce sont principalement des groupes de musique qui en sont locataires, et qui toute la nuit viennent vider leur trop plein d'énergie... J'avais déjà constaté le penchant des Hongrois au Hardcore, Métal et autres musiques relativement sombres, mais le rythme insoutenable des double pédales qui fait vibrer le bâtiment tout entier ne me laisse plus de doute. On s'est donc à notre tour ajouté à ce joyeux vacarme, pour franchement s'amuser... Une fois les oreilles et les doigts trop usés pour continuer, nous avons repris le métro pour Budapest sur les coups de 5 heures du matin, courte nuit en perspective...

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C'est forcément quelque peu dans le paté et en retard sur l'horaire prévu que nous avons pris la destination du parc national d'Aggtelek au Nord-Est de la Hongrie (encore une fois merci Google Earth pour la petite vue satellite ci-dessus). Après un changement à Miskolc, nous sommes descendu du train dans le petit village de Perkuba pour nous rendre compte que tout les commerces sont fermés ici le samedi après-midi... Tant pis pour les pâtes que nous comptions cuisiner au coin du feu avec le réchaud emporté, nous n'avons d'autre choix que d'opter pour un stock de paquets de chips vendu dans l'un des Kocsma du village (le genre d'endroit où à toute heure de la journée on est sûr de trouver un peu de chaleur humaine en la réunion des alcooliques du village accoudés au comptoir). Armés de nos paquets de chips, qui seront notre unique nourriture pour les deux jours à venir, nous cherchons un endroit pour établir notre campement avant que la nuit ne tombe. Les choses commencent bien puisque le seul endroit à peu prêt plat que nous avons trouvé se trouve être un chemin dans la fôret. J'ai bien dis à peu prêt puisque j'ai dû repousser le corps inerte de Louis une bonne dizaine de fois dans le nuit... Armé de toute notre bonne volonté nous essayons d'allumer un feu sans aucun matériel (un briquet), après une heure et je ne sais combien de vaines tentatives à cause d'un bois trop humide (on ne remettra pas en question nos talents de boyscouts !) nous nous résignons à aller nous coucher...

Au petit matin on est réveillé par un père et ses deux fils, très chaleureux bien que la communication soit assez limitée, qui viennent couper leur bois de chauffage (cela voudrait donc dire qu'il peut brûler ?). Assez rapidement on démonte donc la tente histoire de libérer le chemin et nous nous aventurons tout droit vers le Nord, pensant retrouver une route assez rapidement nous coupons à travers la forêt. Forcément après une heure de marche à slalomer entre les ronces on commence à regretter de ne pas avoir emporté de machette avec nous, mais finalement quand nous ne l'attendions plus le petit chemin apparait. La vrai randonnée peut commencer, entre chemins forestiers et petites routes nous traversons le village de Szin avec un arrêt obligatoire au Kocsma pour nous recharger en chips et carburant. Bien que beaucoup plus simple que Budapest, la campagne Hongroise n'est pas non plus extrêmement pauvre (si on la compare à la Roumanie par exemple). Certes tout le monde n'a pas de voiture, mais les maisons sont fraichement peintes et les jardins bien entretenus. A noter cependant que l'indicateur de richesse qu'est la gestion des déchets nous a montré que la campagne Hongroise à encore une marge de progression importante : en entrant à Szin c'est une vrai décharge sauvage que nous avons dû traverser à la sortie de la forêt. Il est connu que les pays riches stockent leurs déchets loin des villes dans des zones bien délimitées, les pays en voie de paupérisation eux entassent leurs déchets aux portes des villes où parfois - comme c'est le cas dans les zones les plus pauvres de la planète - les plus démunis y vivent dans de gigantesques bidonvilles. A ce sujet l'article Pour une géographie des déchets proposé par Cafés Géographiques apporte un éclairage intéressant.

Après avoir donc continué notre randonnée sur des chemins forestiers nous avons établi notre deuxième camp et cette fois réussi à allumer un feu (en un coup de briquet s'il vous plait !). Du coup seuls au milieu de la forêt nous nous en sommes donné à coeur joie avec la guitare qui nous avait suivi depuis Budapest. Une surprise nous attendait cependant au réveil : un fin tapis blanc couvrait le sol le lendemain matin, on se considère maintenant campeurs de l'extrême ! Voilà pour les joies du camping sauvage, mais une chose à laquelle nous ne nous attendions pas nous est arrivé dans le train du retour.

Après une dernière demi-journée de marche avec l'escalade d'une colline en haut de laquelle se trouve un château en ruine (dont j'ai oublié le nom), le tout sous la pluie histoire de bien faire revenir les odeurs de feu de bois de nos vétements, nous sommes montés dans le train direction Budapest. Là la contrôleuse nous fait remarquer par l'intermédiaire d'une étudiante qui fait alors office de traductrice, que nos billets ne sont pas tout à fait en règle. En effet lorsque l'on prend les trains InterCity qui sont un peu plus modernes et chicos que les anciens trains, il faut en plus du billet normal (dont le prix ne dépend que du nombre de kilomètres parcourus) un autre billet correspondant à la réservation du siège. Elle nous demande donc, plutôt que de payer une amende, de descendre à la prochaine station pour acheter notre billet manquant et de prendre le train suivant. Soit, cela prendra plus de temps mais ne nous coutera rien. La contrôleuse ajoute alors quelque chose en Hongrois ce qui provoque comme réaction chez notre traductrice d'ouvrir grand les yeux. Elle nous traduit alors un peu gênée qu'étant donné l'odeur un peu forte que nous dégageons le prochain train que nous prendrons ne pourra être un InterCity. Nous devons donc attendre un train normal, plus vieux, plus lent, moins chic, moins cher, bref quelque chose pour les gens comme nous ! Bien évidemment la contrôleuse revient s'assurer à la gare suivante que les pestiférés à l'odeur de feu de bois que nous sommes quittent bien le train (le coup de pied au cul sur le quai aurait parfaitement collé à la situation). Au final le train suivant est arrivé dix minutes plus tard, nous n'avons du coup pas eu à payer le supplément InterCity (qui coûte quand même 2€ soit le tiers du billet), les wagons ont bien plus de charme et le contrôleur sympathique ! Et on appelle ça le progrès...

lundi 19 février 2007

Mohács

C'est reparti pour les expéditions Hongroises organisées par l'université. Ce week-end Mohács, située à l'extrême sud de la Hongrie sur la rive droite du Danube et non loin de la frontière avec la Croatie et la Serbie, était au programme. Arrivés en bus dimanche matin nous avons commencé par la visite du lieu où a pris place la Bataille de Mohács opposant forces Ottomanes et Hongroises en 1526, et qui correspond à la fin du Royaume de Hongrie. La quasi-totalité des 25 000 soldats Hongrois engagés dans la bataille est tuée dont Louis II de Hongrie. Le royaume est alors divisé en trois : une majeure partie est conquise et occupée par les Ottomans, le reste du Royaume de Hongrie passe aux Habsbourg en Autriche (au Nord-Ouest) pendant que la Transylvanie (au Nord-Est) rejette cette nouvelle autorité et se constitue en principauté.

Pour l'histoire, c'est aussi à Mohács qu'en 1687 la coalition des nations chrétiennes constituées de forces autrichiennes et hongroises mettra fin à la domination Ottomane. La défaite des turcs porta un coup d'arrêt définitif à l'expansion de l'Empire Ottoman en Europe, et le Royaume de Hongrie retrouva son unité sous la direction des Habsbourgs.

Mais le but premier de notre visite à Mohács était le carnaval Busójárás qui s'y tient tous les ans. Au programme musique folklorique, danses en costumes d'époque, et parade des habitants défilant sous des masques et des peaux de moutons. Cette procession fait référence à une légende datant de l'occupation Ottomane encore une fois : les habitants auraient fuit la ville de Mohàcs pour éviter l'armée Turque, et se seraient réfugiés dans les bois environnants. Pendant qu'ils étaient assis autour du feu, un vieil homme sortit de nul part et leur dit : "Ne soyez pas inquiets, vos vies vont bientôt redevenir normales et vous retrouverez vos maisons. Pour l'instant préparez vous à la bataille, fabriquez vous des armes ainsi que des masques effrayants et attendez une nuit de tempête où un chevalier viendra à vous", puis il disparu. Les réfugiées s'exécutèrent et quelques jours plus tard, lors d'une nuit de tempête, le chevalier vint comme prévu. Il leur demanda de mettre leurs masques et de retourner à Mohàcs en faisant le plus de bruit possible. Les Turcs furent si effrayés par le bruit, les masques et la tempête au beau milieu de la nuit, qu'ils crurent être attaqués par des démons et s'enfuirent de la ville avant le levé du soleil.

Voilà pourquoi tous les ans, les habitants de Mohàcs se couvrent de peaux de moutons et de leurs masques en bois, et défilent dans les rues avec crécelles et cloches à la main. Le dimanche soir, dernier jour des six jours de carnaval, tout le monde se retrouve autour d'un énorme feu sur la place de la ville (ils ne lésinent d'ailleurs pas sur les litres d'essence pour aider ce barbecue géant à prendre). Encore quelques petits pas de danse folklorique autour du feu et nous voilà reparti pour Budapest.

LIENS :

+ Le reste des photos prises par Audrey

+ Photos de l'édition 2006 sur le site de notre université

vendredi 1 décembre 2006

En attendant la suite...

En attendant la suite de notre périple Transylvanien, je vous propose une sélection des photos que j'ai prises. Ca se passe par ici, et pour répondre à je ne sais plus qui, oui je cherche toujours un moyen de pouvoir commenter les photos, ça va venir...

mardi 28 novembre 2006

Direction Transylvanie !

Pour notre dernière virée dans les pays voisins de la Hongrie avant la période d’examens de fin de semestre qui précède les vacances de Noël, nous avons choisis avec mes deux fidèles compagnons d’aventures (qu’il n’est plus nécessaire de présenter) Yaïr et Manue, la Roumanie ! Contrairement à Yaïr dont la famille était originaire de Transylvanie avant de partir en Israël dans les années cinquante, et qui est donc venu en Roumanie deux fois dans son enfance, puis Manue qui est déjà venue sept fois dans le Nord de ce pays pour faire de l’animation dans un orphelinat, j'y mettais pour ma part la première fois les pieds.

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Je traversais donc la frontière Roumano-Hongroise chargé de mes clichés de bon citoyen de l’Ouest concernant les ex-pays communistes, que des films comme Hostel se font un plaisir d’entretenir. Que ce soit en République-Tchéque, en Slovaquie ou en Hongrie, j’avais rapidement oublié tout ces stéréotypes en me rendant compte qu’il était impossible de faire la différence entre un étudiant slovaque et un étudiant français, que les derniers modèles de Peugeot et de Wolkswagen atteignaient même les campagnes tchèques (même si il faut admettre que les vieux modèles des années 70 sont encore présent) et que les informations étaient diffusées sur des écrans plasmas dans les métro de Budapest. Ce serait mentir que de nier qu’il existe toujours une différence de niveau de vie entre l’Est et l’Ouest de l’Union Européenne, mais ce n’est pas ce fossé auquel je m’attendais bêtement en tant que touriste lors de ma première virée cet été. Concernant la Roumanie, qui elle ne rejoins l’Union Européenne que le 1 janvier 2007, le fossé lui est bien présent.

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Dès les premiers kilomètres parcourus le changement est flagrant : les routes sont en mauvais état et séparées des trottoirs de terre bordant les maisons par un fossé qui sert encore d’égouts dans certains villages. Il est écrit dans tous les guides que la conduite en Roumanie est dangereuse et particulièrement de nuit, mais même en étant prévenu on se laisse surprendre par ce qu’un conducteur « sensé » appellerait de la folie. A peine vingt kilomètres après la frontière, distance suffisante pour comprendre qu’il faut se conformer aux 100 km/h de rigueur imposés par les camions, on rencontre notre première charrette tirée par deux chevaux arrêtés en plein milieu de la route. Rencontre plus que rapide puisque les chevaux ne sont pas réputés pour l’efficacité de leur dynamo et que ce n’est qu’au dernier moment que j’ai vu cette charrette sans lumière et que j’ai donné le coup de volant permettant de l’éviter de peu. Je n’ai pas vraiment eu le temps de comprendre ce qu’il se passait sur le moment, mes passagers eux ont eu le temps de sentir leur cÅ“ur palpiter, bref la règle était donnée : tant pis pour les voitures qui viennent en face on va passer en mode « plein phare » le plus souvent possible et laisser les camions nous dépasser (pas rassurant non plus). La folie laisse parfois place aux tendances suicidaires sur ces routes où l’on peut trouver un animal écrasé tout les cinq kilomètres quand une voiture décide de couper allégrement une ligne continue pour un dépassement à 130 km/h sans visibilité vous obligeant à ralentir pour la laisser se rabattre et ainsi éviter l’autre voiture qui arrive en face à la même allure. Bref ceci n’est pas un cliché, c’est écrit dans tout le guide et il y a des raisons : faîtes extrêmement attention si vous devez conduire en Roumanie !

Ayant pris conscience de ceci nous rejoignons Arad, pour un petit tour de la ville et une pause dîner avant de nous rapprocher de Sibiu, première réelle étape de notre périple. Après avoir tourné pendant plus d’une heure dans la ville à la recherche d’un endroit où manger, nous nous sommes finalement installé dans un restaurant vide ou nous avons pu goûter quelques spécialités Roumaines.

Notre première nuit Roumaine est plutôt inconfortable puisque passée dans la voiture par crainte d’en sortir et d’avoir à affronter ce gros chien qui nous tourne autour, pour simplement planter une tente pour quelques heures. Le froid aura finalement eu raison de notre peur puisqu’en plein milieu de la nuit on se décide finalement avec Yaïr à courir récupérer nos sacs de couchage dans le coffre, notre ami le chien n’est plus là, ouf !

Nous ne pensions passer que quelques heures à Sibiu, pour avoir le temps de traverser les montagnes Fagaras mais le hasard des rencontres en a décidé autrement. D’abord au détour d’une église gothique romane où un quadrilingue originaire de Belgique nous raconte une demi-heure durant l’histoire des allemands de Roumanie qui sont arrivés en masse dans le pays pour y construire des églises fortifiés afin de lutter contre l’invasion des ottomans au XVIème siècle. C’est entre autre pourquoi il existe énormément de monastère et d’église dans toute la Transylvanie, et qu’il existe des petites perles de village comme Viscri que ce monsieur nous a conseillé de visiter, ce que nous ferons deux jours plus tard.

Notre deuxième rencontre à Sibiu aura été des plus déjantée. Elle s’est passée dans un fast food (qui finalement porte mal son nom vous comprendrez pourquoi) où à peine entré, le serveur parfaitement bilingue, commence à nous parler en hébreu à la vue de Yaïr (j’ai beau être plus que sceptique face au genre de raccourci « ton nez me dis que tu es juif », j’ai du finir par avouer qu’il pourrait exister un lien, je n’aime pas dire ça). Une fois nos côtes de porc servies, un Roumain dont l’haleine nous laisse penser qu’il n’en est pas à son premier verre, nous aborde et finit par s’installer à notre table avant d’être rejoint par son « assistante ». Impossible de décrire la fantaisie (le mot est léger) de ce sexagénaire qui s’avère être le co-créateur et directeur du Festival de Jazz de Sibiu qui fêtera en 2007 sa trente-septième année d’existence. Entré dans ce fast-food pour un rapide déjeuner nous en serons sorti cinq heures plus tard, le temps d’ingurgiter les huit bouteilles de vin qu’il commandait avant même que la précédente ne soit finie (pour rassurer les inquiets, en tant que « capitaine d’après-midi » je me suis contenté d’une eau gazeuse pour pouvoir conduire jusqu’à l’étape suivante). Cela nous aura permis d’apprendre beaucoup sur la Roumanie, la corruption qui y est omniprésente à tous les échelons et qui engendre entre autres une déplorable gestion du tourisme dans un pays qui possède quand même des montagnes capables de rivaliser avec les Alpes, une côte magnifique sur la mer noire et le delta du plus grand fleuve d’Europe Centrale. Bref, rencontre vraiment très intéressantes avec deux personnages très spéciaux, du coup on pense vraiment retourner en Roumanie pour assister à ce festival de Jazz qui pendant l’époque de Ceausescu était la fierté d’un régime communiste pouvant ainsi se prétendre modéré et ouvert aux critiques (les gens le fréquentant à l’époque étant principalement contre le régime).

Suite à venir prochainement avec des photos, mon emploi du temps se densifie à l’approche des examens et le retard accumulé va me prendre du temps à rattraper !

vendredi 17 novembre 2006

Vinegar or Van in Eger

Après trois semaines à Budapest, j'attendais la reprise des expéditions dans l'Europe de l'Est avec impatience. Finalement après un anniversaire vendredi soir, nous ne sommes parti que samedi matin en Van direction Eger au nord-est de la Hongrie. Après avoir pris notre temps sur la route le temps de faire des courses pour le week-end, de se faire un arrêt déjeuner dans la périphérie de Budapest, on arrive enfin à Eger une heure seulement avant le couché du soleil.

On fait un petit tour sur les remparts de la ville qui ont permis à la ville de résister à l'invasion ottomane en 1552 avant de céder en 1596 et de devenir une ville ottomane pendant moins d'un siècle. De là on a une vue imprenable sur les batiments baroques de la ville. Puis à 16h30 le soleil disparaît et une visite de "Eger by night" s'impose pour voir la très jolie basilique et un des dernier minarets encore debout en Hongrie. Eger est aussi très réputée en Hongrie pour son vin (je commence à avoir l'impression que c'est le cas de toutes les villes Hongroises), mais nous n'avons pas eu l'occasion d'y goûter. La ville est entourée de vignobles ce qui fait que le le vin y est très peu cher, il a néanmoins une excellente réputation, il faudra vérifier ça à Budapest.

La nuit est bien installée, il n'est que 18 heures et le froid commence à se faire sentir. Nous viens donc l'idée d'aller aux bains d'Egerszalok situés à quelques kilomètres au Sud-Ouest de la ville. Rien à voir avec la classe des bains de Budapest, ici un tuyau amène l'eau de la source située quelques dizaines de mètres plus haut dans trois bassins extérieurs. Bien sûr nous n'avions pas prévu en plein hiver dans la campagne hongroise les maillots de bain et les serviettes de toilettes, c'est donc en caleçon et avec un t-shirt en guise de serviette que nous nous sommes changés dehors avant de nous jeter dans l'eau brûlante. Et oui ici, pas de cabine individuelles ou de casiers pour stocker ses affaires : des portes-manteaux bordent les bains et on se déshabille dans le froid (j'imagine en plein mois de janvier sous la neige...). Ces bains autrefois situés en plein milieu d'une fôret sur une colline ont un peu perdu leur charme après qu'une entreprise de batîments ait littéralement coupé la colline en deux pour y construire un énorme complexe thermale. De nuit nous n'avons pas vraiment mesuré l'ampleur du carnage, mais on le devine en voyant les blocs de bétons au loin dans le noir.

Un chemin mène à la source qui se trouve quelques dizaines de mètres plus haut, de nuit toujours difficile de voir quelque chose : il s'agit d'un énorme tas blanc de souffre sur lequel dégouline l'eau qui sort de la terre, le tout est récupéré par des tuyaux pour alimenter les bains en contrebas. J'ai trouvé cette photo sur Internet pour avoir une idée de ce à quoi ça ressemble de jour, surprenant ! Cette source thermale s'est créée grâce a des forages géologiques recherchant de l'hydrocarbure, où l'eau provient d'une profondeur de 400 mètres grâce à la seul force de la pression. En plus d'être agréable, le fait de se prélasser dans les bains est vivement conseillé surtout aux cas de maladies rhumatiques et articulaires (on est jamais trop prudent !).

On quitte Eger pour aller dormir dans un endroit un peu plus tranquille dans la campagne. Notre choix se pose sur Szilvasvarad, village réputé pour son élevage de chevaux. Un dîner aux chandelles, dans ce van décidément très pratique, avant de nous entasser à quatre à l'arrière pour dormir. Bien sûr le terrain n'était pas plat et comme souvent dans ces cas là on a tous l'impression d'avoir la plus mauvaise place. Bref on n'a pas passé une nuit très confortable, au point d'émerger seulement à 13h pour une ballade sur une des collines surplombant le village, dans les 43 000 hectares du parc Bükk Nezmeti où les chevaux font d'habitude eux aussi leur petite promenade (nous n'aurons vu de ces fameux chevaux de course que leur "traces odorantes" dans les sentiers).

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La nuit commence à tomber, et il faut déjà commencer à rentrer sur Budapest. Ca aura été un week-end certes cours mais aussi un grand bol d'air frais.

mercredi 8 novembre 2006

Un peu de géographie

Voilà j'ai eu ce que je voulais : de la neige !!! Elle n'a certes pas tenue très longtemps (suffisament pour faire une boule de neige), mais au moins il n'a pas fait froid pour rien. C'était samedi, jour où nous avons été invités avec ma soeur et ses amis chez une Hongroise anciennement expatriée en France. Au menu une soupe Roumaine suivi d'un énorme gratin (spécialité Serbe). Ajoutez par dessus ça un peu de Palinka (eau de vie locale), puis de la vodka que la colocataire Polonaise n'a pû s'empécher de nous faire goûter. Bref, il était assez difficile ensuite de lutter contre le piqué de nez pendant le "Messa da requiem" de Guiseppe Verdi que nous sommes allé voir dans la foulée. Salle magnifique, son impressionant, mais rien à faire je ne suis pas encore très sensible à cette musique... Après ça, rien de tel qu'un petit tour dans les bains de Rudas qui ouvrent à 22 heures, histoire de reprendre un peu de force. Voilà donc les clichés que j'attendais... La série d'examens du milieu de semestre étant passée, on va reprendre les excursions en Europe de l'Est le weekend, cette fois dans une chaine de montagne au Nord de la Hongrie.

Quelqu'un me le faisait remarqué à juste titre, la géographie de cette partie de l'Europe n'est pas connue de tous (je n'y connaissais strictement rien il y a six mois), voilà donc un petit récapitulatif géographique de l'Europe de l'Est et des différents périples que j'y ai fais. Les frontières de mon "Europe de l'Est" ont été choisies complètement arbitrairement, un voyage plus lointain que les autres m'amménera peut-être à les revoir, mais pour l'instant elle s'étend de l'Autriche à l'Ukraine et de l'Albanie à la Pologne. Il est peu probable étant donné les distances que j'aille en Estonie, Lettonie, Lithuanie ou Bélarussie cette année, et il y a déjà tellement à faire autour de la Hongrie.

. "Trip'est" en train, entre le 1er et le 21 Août 2006 :

  • Paris (31/07/2006)
  • Linz (01/08/2006)
  • Cesky Krumlov (02/08/2006)
  • Praha (03/08/2006)
  • Kosice (06/08/2006)
  • Krakow (07/08/2006)
  • Auschwitz (08/08/2006)
  • Krakow (09/08/2006)
  • Budapest (10/08/2006)
  • Badacsony (13/08/2006)
  • Split (15/08/2006)
  • Dubrovnik (16/08/2006)
  • Mostar (18/08/2006)
  • Wien (20/08/2006)
  • Paris (22/08/2006)

Virées pendant des "Weekends" plus ou moins longs en 2006-2007 :

  • Pécs (23/09/2006)
  • Slovensky Raj (30/09/2006)
  • Szeged (13/10/2006)
  • Beograd (14/10/2006)
  • Sarajevo (20/10/2006)

vendredi 27 octobre 2006

Humour Israëlien

Voilà le genre de conversation que l'on peut avoir sur MSN en discutant avec un "collègue" Israëlien qui, par peur d'être masochiste, hésite à aller à Auschwitz. Etonnament amusant...

Yaïr : "ok. do you know how to get there?"

Fred : "you have to go to cracow. you can stay one or 2 days in, that's a nice city and after you take the train to auschwitz from cracow"

Yaïr : "ok. how long is the ride to cracow ?"

Fred : "if i don't have such a bad memory from budapest to cracow it's about 12 hours by train"

Yaïr : "oh..."

Yaïr : "you know, 60 years ago it was very easy for me to go by a train to auschwitz... now days it is much harder. strange."

mardi 24 octobre 2006

Manue drawing in Sarajevo

Referencement Olivier Duffez Ce site est listé dans la catégorie Pays : Hongrie
Dictionnaire du Net