jeudi 26 avril 2007
L'Europe de l'Est, la VRAIE !
Par fred, jeudi 26 avril 2007 à 17:31 :: EUROPE DE L'EST
Hum, ça fait un petit bout de temps que je n'ai pas donné de nouvelles encore une fois, mais je dois avouer que tout s'accélère en ce moment : l'arrivé de Français venus rendre visite, la fin du semestre qui arrive dangereusement et toujours ce mémoire à avancer, sans parler des rayons du soleil qui sont toujours plus attirants que ceux d'un écran ! Bref, trois semaines se sont écoulées depuis le dernier post où je filais vers l'Ukraine, un des meilleurs trip que j'ai fais depuis que je suis ici. Organisé complétement à la dernière minute, encore plus pour Louis qui s'est décidé à m'accompagner deux heures avant le départ du train, on s'en sera plutôt bien tiré malgré de nombreux rebondissements.
.
Le premier fût une correspondance ratée à Nyirgyhaza, sans doute en raison d'horaires erronés que nous avions trouvés sur Internet, du coup à Zahony il n'y avait plus de train de nuit pour Lviv et nous avons décidé de veiller en attendant le prochain pour Chop_ à 5 heures du matin. La nuit est passée relativement rapidement puisque nous avons finalement rencontré des Hongrois qui n'avaient pas non plus vraiment envie de dormir, et c'est dans l'unique bar/salle de jeux ouvert toute la nuit qu'à l'abri des caméras la France et la Hongrie se sont affrontées au Cso-Cso (prononcer "tcho-tcho" qui veut dire baby-foot) dans un match au sommet ! Plus sérieusement on a été très surpris de voir l'image que des Hongrois vivants à 20 kilomètres de l'Ukraine avaient de ses habitants ! ""N'allez pas là -bas, il y a des voleurs partout, vous allez avoir des ennuis !", "Méfiez vous des enfants dans les rues qui voudront vous faire les poches", "Donnez un backshish au premier policier que vous verrez pour vous assurer de sa protection", etc... Bien sûr une fois qu'on arrive en Ukraine, on voit que la réalité est bien différente, un peu plus rose mais surtout plus rouge !
C'est ce qu'on s'est dit en arrivant : bienvenue en Europe de l'Est, la vraie ! Non pas qu'il y ai des statues de Lénine à tous les coins de rue, mais la corruption est encore bien présente un peu partout, très peu de gens parlent anglais, et surtout le fameux soviet-style pour l'accueil des touristes anglophones : une tête de trois pieds de long, le regard dans les chaussettes et un grognement signifiant "vous ne pouvez pas parler russe comme tout le monde !"... Prévoir une bonne demi-heure pour tout achat de billet de train à la gare ! Heureusement, et c'est ce qui a fait tout l'intérêt de ce weekend, nous avons rencontré des Ukrainiens vraiment sympas qui nous ont offert gîte et couvert... Hasard de calendrier nous sommes allés dans ce pays où la très grande majorité de la population est orthodoxe pour le weekend de Pâques. Cette fête est pour eux encore plus importante que Nöel et les rituels très différents des notres. Premièrement personne ne sort, ne bois, ne fait rien, excepté aller à l'église le samedi. Ce qui était un petit peu perturbant pour nous au début, puisque le seul endroit que nous ayons trouvé ouvert après 22h était l'éternel Mac Do, qui n'est pas le meilleur endroit pour goûter une bonne vodka locale... Du coup on a un petit peu déprimé on se demandant quel était ce pays où personne ne fait rien le samedi soir après 22H, hésitant même à partir le dimanche matin pour aller visiter un bout de campagne... en Pologne...
Heureusement, dimanche arrivant, nous avons compris que ce week-end n'était pas un week-end comme les autres... Le matin, les files d'attentes à l'entrée des églises sont toujours aussi longues, mais à midi tout le monde en sort et se retrouve sur le parvis pour que le prêtre bénisse les oeux et une sorte de pain couvert de sucres colorés que chacun cuisine et apporte dans un panier en osier recouvert d'une broderie. Ici les oeufs ne sont pas en chocolat mais sortent bien de la poule avant d'être vidés puis peints avec une attention particulière. Les Ukrainiens que nous avons rencontrés étant d'ailleurs étudiants en art/peinture, leurs oeufs (qu'ils nous ont d'ailleurs offert quand nous sommes partis) étaient vraiment travaillés ! Les gens enlèvent alors la broderie qui recouvre le panier et le prêtre parcours le cercle ainsi formé pour bénir pain, oeuf et parfois même - si si promis on l'a vu - une bouteille de vodka !
Ceci étant fait la fête peu commencer ! Tout le monde se retrouve dans un parc aux abords de la ville qui est normalement le musée ethnographique d’art folklorique et de la vie rurale. Maisons en bois, gens en costume traditionnel, vodka à gogo, jeux en tous genre : pyramide humaine, éléphant, course poursuite avec ceinture pour fouetter (c'est toujours plus drôle), et même tirs de fusils en l'air ! C'est à cette grande fête que nous avons rencontré nos amis Ukrainiens qui jouaient alors en costume traditionnel de la musique folklorique. Le soir venu nous avons filé sur la colline qui surplombe Lviv, où autour d'un feu nous avons pû vérifier qu'ici la vodka se boit au goulot (avec une vrai étiquette en cyrillique, la grande classe) sans diluant et en quantité. Nos musiciens ayant une guitare avec eux j'ai été amusé de voir que les standards du rock sont plus ou moins les mêmes (Led Zeppelin, Beatles, etc...) mais toutes les paroles sont en Russe ! L'URSS n'était donc pas complètement hermétique à la culture de l'Ouest, celle-ci était seulement filtrée... Nous sommes finalement rentré à sept dans un taxi qui ne voulait pas plus de quatre passagers, mais après lui avoir dit que nous payerions le Bakchich si la police l'arrêtait, celui-ci s'est tout de suite montré beaucoup plus compréhensif... Ici aussi la bouffe de retour de soirée est d'usage, et un bon goulash version Ukrainienne ça vous retape son homme !
Le lendemain matin on a découvert le rituel du Lundi de Pâques qui se fait un peu dans toute l'Europe de l'Est, mais ici c'est une version un peu plus, comment dire... humide... Pour faire simple nous dormions tous sagement à sept dans une petite chambre quand sans prévenir, quelques litres d'eau nous sont tombés dessus ! J'ai d'abord pensé à une vengeance des coloc' pour le bruit qu'on avait fait la veille mais non, c'est simplement comme un Lundi... de Pâques... Et ça se poursuit toute la journée dans la rue : seaux d'eau lancés depuis les fenêtres, pistolets à eau pour les plus jeunes, bouteille de 2 litres pour les plus grands. A un moment nous marchions sur le trottoir, et je vois une voiture arriver, ralentir à notre hauteur tout en ouvrant sa vitre, un canon sortir par la fenêtre, non pas de kalashnikov mais de pistolet à eau ! Ouf, tout va bien...
Un petit marché à souvenir, quelques emplettes, un dernier tour dans la ville, un lancé de piécettes dans une magnifique fontaine pour souhaiter plein de bonnes choses à nos hôtes et nous devions déjà repartir lundi soir pour Budapest. Même galère de billet à l'aller avec un contrôleur qui nous dit que notre billet n'est pas valable sans que l'on sache pourquoi, mais cette fois un gros gaillard ex-officier de l'URSS maintenant Hongrois nous a pris sous son aile jusqu'au retour, et nous a acheté nos billets sans qu'on se fasse "entourlouper". On a quand même du changer deux fois de train et attendre 2 heures en pleine nuit à la frontière le temps que les mécanos s'occupent de réajuster les roues du wagon aux rails Européens, mais nous voilà de retour en Europe de l'Ouest !
PS : Il y a quand même un petit point noir à ce week-end qui explique qu'aucune photo n'est de moi (principalement de Guillaume) dans ce post : la disparition plus que suspecte de mon désormais regretté appareil photo qui s'est laissé attrapé par une main Ukrainienne au lieu de rester au chaud au fond de ma poche... J'espère que son nouveau propriétaire en prend soin, sans batterie ni chargeur j'en doute... A ta mémoire petit appareil, voilà la dernière photo que tu me laisse... Snif...

![[T]](http://static.technorati.com/pix/icn-talkbubble.gif)
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.






.
.
Dès les premiers kilomètres parcourus le changement est flagrant : les routes sont en mauvais état et séparées des trottoirs de terre bordant les maisons par un fossé qui sert encore d’égouts dans certains villages. Il est écrit dans tous les guides que la conduite en Roumanie est dangereuse et particulièrement de nuit, mais même en étant prévenu on se laisse surprendre par ce qu’un conducteur « sensé » appellerait de la folie. A peine vingt kilomètres après la frontière, distance suffisante pour comprendre qu’il faut se conformer aux 100 km/h de rigueur imposés par les camions, on rencontre notre première charrette tirée par deux chevaux arrêtés en plein milieu de la route. Rencontre plus que rapide puisque les chevaux ne sont pas réputés pour l’efficacité de leur dynamo et que ce n’est qu’au dernier moment que j’ai vu cette charrette sans lumière et que j’ai donné le coup de volant permettant de l’éviter de peu. Je n’ai pas vraiment eu le temps de comprendre ce qu’il se passait sur le moment, mes passagers eux ont eu le temps de sentir leur cœur palpiter, bref la règle était donnée : tant pis pour les voitures qui viennent en face on va passer en mode « plein phare » le plus souvent possible et laisser les camions nous dépasser (pas rassurant non plus). La folie laisse parfois place aux tendances suicidaires sur ces routes où l’on peut trouver un animal écrasé tout les cinq kilomètres quand une voiture décide de couper allégrement une ligne continue pour un dépassement à 130 km/h sans visibilité vous obligeant à ralentir pour la laisser se rabattre et ainsi éviter l’autre voiture qui arrive en face à la même allure. Bref ceci n’est pas un cliché, c’est écrit dans tout le guide et il y a des raisons : faîtes extrêmement attention si vous devez conduire en Roumanie !
Notre deuxième rencontre à Sibiu aura été des plus déjantée. Elle s’est passée dans un fast food (qui finalement porte mal son nom vous comprendrez pourquoi) où à peine entré, le serveur parfaitement bilingue, commence à nous parler en hébreu à la vue de Yaïr (j’ai beau être plus que sceptique face au genre de raccourci « ton nez me dis que tu es juif », j’ai du finir par avouer qu’il pourrait exister un lien, je n’aime pas dire ça). Une fois nos côtes de porc servies, un Roumain dont l’haleine nous laisse penser qu’il n’en est pas à son premier verre, nous aborde et finit par s’installer à notre table avant d’être rejoint par son « assistante ». Impossible de décrire la fantaisie (le mot est léger) de ce sexagénaire qui s’avère être le co-créateur et directeur du
Après trois semaines à Budapest, j'attendais la reprise des expéditions dans l'Europe de l'Est avec impatience. Finalement après un anniversaire vendredi soir, nous ne sommes parti que samedi matin en Van direction Eger au nord-est de la Hongrie. Après avoir pris notre temps sur la route le temps de faire des courses pour le week-end, de se faire un arrêt déjeuner dans la périphérie de Budapest, on arrive enfin à Eger une heure seulement avant le couché du soleil.
On fait un petit tour sur les remparts de la ville qui ont permis à la ville de résister à l'invasion ottomane en 1552 avant de céder en 1596 et de devenir une ville ottomane pendant moins d'un siècle. De là on a une vue imprenable sur les batiments baroques de la ville.
Puis à 16h30 le soleil disparaît et une visite de "Eger by night" s'impose pour voir la très jolie basilique et un des dernier minarets encore debout en Hongrie. Eger est aussi très réputée en Hongrie pour son vin (je commence à avoir l'impression que c'est le cas de toutes les villes Hongroises), mais nous n'avons pas eu l'occasion d'y goûter. La ville est entourée de vignobles ce qui fait que le le vin y est très peu cher, il a néanmoins une excellente réputation, il faudra vérifier ça à Budapest.
La nuit est bien installée, il n'est que 18 heures et le froid commence à se faire sentir. Nous viens donc l'idée d'aller aux bains d'Egerszalok situés à quelques kilomètres au Sud-Ouest de la ville. Rien à voir avec la classe des bains de Budapest, ici un tuyau amène l'eau de la source située quelques dizaines de mètres plus haut dans trois bassins extérieurs. Bien sûr nous n'avions pas prévu en plein hiver dans la campagne hongroise les maillots de bain et les serviettes de toilettes, c'est donc en caleçon et avec un t-shirt en guise de serviette que nous nous sommes changés dehors avant de nous jeter dans l'eau brûlante. Et oui ici, pas de cabine individuelles ou de casiers pour stocker ses affaires : des portes-manteaux bordent les bains et on se déshabille dans le froid (j'imagine en plein mois de janvier sous la neige...). Ces bains autrefois situés en plein milieu d'une fôret sur une colline ont un peu perdu leur charme après qu'une entreprise de batîments ait littéralement coupé la colline en deux pour y construire un énorme complexe thermale. De nuit nous n'avons pas vraiment mesuré l'ampleur du carnage, mais on le devine en voyant les blocs de bétons au loin dans le noir.
Un chemin mène à la source qui se trouve quelques dizaines de mètres plus haut, de nuit toujours difficile de voir quelque chose : il s'agit d'un énorme tas blanc de souffre sur lequel dégouline l'eau qui sort de la terre, le tout est récupéré par des tuyaux pour alimenter les bains en contrebas. J'ai trouvé cette photo sur Internet pour avoir une idée de ce à quoi ça ressemble de jour, surprenant ! Cette source thermale s'est créée grâce a des forages géologiques recherchant de l'hydrocarbure, où l'eau provient d'une profondeur de 400 mètres grâce à la seul force de la pression. En plus d'être agréable, le fait de se prélasser dans les bains est vivement conseillé surtout aux cas de maladies rhumatiques et articulaires (on est jamais trop prudent !).
On quitte Eger pour aller dormir dans un endroit un peu plus tranquille dans la campagne. Notre choix se pose sur Szilvasvarad, village réputé pour son élevage de chevaux. Un dîner aux chandelles, dans ce van décidément très pratique, avant de nous entasser à quatre à l'arrière pour dormir. Bien sûr le terrain n'était pas plat et comme souvent dans ces cas là on a tous l'impression d'avoir la plus mauvaise place. Bref on n'a pas passé une nuit très confortable, au point d'émerger seulement à 13h pour une ballade sur une des collines surplombant le village, dans les 43 000 hectares du parc Bükk Nezmeti où les chevaux font d'habitude eux aussi leur petite promenade (nous n'aurons vu de ces fameux chevaux de course que leur "traces odorantes" dans les sentiers).
.

Voilà j'ai eu ce que je voulais : de la neige !!! Elle n'a certes pas tenue très longtemps (suffisament pour faire une boule de neige), mais au moins il n'a pas fait froid pour rien. C'était samedi, jour où nous avons été invités avec ma soeur et ses amis chez une Hongroise anciennement expatriée en France. Au menu une soupe Roumaine suivi d'un énorme gratin (spécialité Serbe). Ajoutez par dessus ça un peu de

