mercredi 19 septembre 2007

De retour

Non non je ne suis pas mort, et tout s'est passé à merveille au Burkina et au Togo... Depuis mon retour il y a maintenant 3 semaines, je n'ai pas trouvé le temps et encore moins le moyen d'exprimer tout ce que j'ai pu voir pendant ces six semaines subsahariennes. Le retour a été assez brutal comme prévu, avec un départ pour Lille et sa braderie dès le lendemain de mon atterissage à Paris. Depuis j'ai gouté à la vie parisienne : son métro, sa vie active, ses pingouins en costume trois pièces dont je fais maintenant partie (au jean près, un peu plus djeun's, un peu plus cool quoi), ses pintes à 5€ (et encore en happy hour) et bien sûr un retour à des nuits relativement courtes...

En fait, tout s'enchaîne tellement vite que je me demande si je vais trouver le temps de faire un peu un bilan de tout ça. J'ai bien envie de reprendre toutes les petites notes que j'ai pu prendre à droite à gauche entre deux taxis-brousses sur des feuilles pleines de terre. Forcément un tel voyage dans un environnement on ne peut plus différent du notre permet de prendre un certain recule par rapport à ce que nous vivons dans nos pays "développés". Là-bas j'ai eu l'impression que chaque lieu visité, chaque personne rencontrée et évenement vécu apportait son lot de questions dont la recherche de réponses ne faisait qu'apporter d'autres interrogations sous-jacentes. Au milieu de toutes ces différentes cultures, rapports aux hommes, j'ai quand même eu l'impression de prendre conscience de choses nouvelles. Il faudrait que je trouve le temps de mettre tout ça à plat, sur ce blog ou non (rien de moins sûr), pour l'instant j'ai plus envie de m'aérer pendant les quelques heures hors métro/boulot plutôt que de me recoller derrière un écran, mais il ne faudrait pas trop que je traine. Je n'ai pas non plus très envie de laisser le quotidien me reprendre tout ces points d'interrogation.

En attendant que les choses se tassent, cet espace va sans doute un peu se transformer en photo blog. Ca me prendra moins de temps pour ne pas forcément raconter moins...

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jeudi 28 juin 2007

Quelques nouvelles de la Hongrie...

Par le biais de Courrier International j'ai appris qu'après plus de 8 mois que le Fidesz, principal parti d'opposition, demande en vain la démission du premier ministre, la situation bouge un petit peu. En effet, ce parti a obtenu de la Cour constitutionnelle hongroise et de la Commission électorale que les réformes annoncées par le gouvernement hongrois dans le domaine de l'éducation et de la santé soient soumises à référendum.

A l'automne dernier, le Fidesz avait tenté en vain d'obtenir de nouvelles élections législatives par le biais de manifestations. Les référendums, qui devraient avoir lieu au printemps prochain, pourraient aider le parti à déstabiliser encore davantage le gouvernement. "Ils vont montrer si la population soutient les réformes. Les gens font des sacrifices lorsqu'ils doivent soudainement payer des droits d'inscription à l'université ou des frais de consultation à chaque visite chez le médecin. Si la majorité de la population dit non, cela indiquera clairement au gouvernement et au Parlement qu'ils n'ont pas employé les bons moyens pour faire imposer les réformes (...) Peut-être que les gens vont également rejeter les rapports de pouvoir régnant au Parlement : cela pourrait contraindre le gouvernement ou le Premier ministre à démissionner.", déclarait Viktor Orban, leader du Fidesz.

Sans aucun rapport, je vous conseil la lecture du dernier article de Carolyne Wyatt, correspondante à Paris pour la BBC. Après quatre ans de bons et loyaux services dans l'hexagone, elle rend son tablier en nous laissant ce long article sur sa vision de la France, des Français et de la politique. Avis extérieur amusant et très intéressant...

lundi 11 juin 2007

37 kilos...

Bon et bien ça ne va pas être de la tarte : après bouclage des bagages j'arrive à un joli total de 37 kilos ! Hum, c'était tentant pourtant en venant à Budapest en voiture de prendre guitare et tente mais là sur le dos ça l'est tout de suite beaucoup moins... J'ai hâte de retrouver le métro parisien avec tout ce bardat sur les épaules et au bout des bras, après bien sûr m'être fait racketter par WizzAir pour payer tout ces kilos supplémentaires. Aigri, moi ? L'espoir de trouver un petit fromage à l'arriver va me donner des ailes je le sens !

En tout cas, conseil à ceux qui partent pour un an en Europe : on a tendance à l'oublier mais le bus ne coûte pas plus cher, permet de prendre deux fois plus d'affaires, part et vous dépose en centre-ville. En plus vous faîtes un peu moins mal à mère nature en réduisant le coût énergétique du transport...

dimanche 10 juin 2007

J-2

La fin est plus que proche (3 jours), et il y a tellement de choses dont je voulais parler sur ce blog que je n'aurai sans doute pas le temps. Je crois que je commence à un peu mieux comprendre les enjeux politiques ici, le changement rapide d'une société passant du losange au sablier (rien de tel qu'un petit exemple Français pour comprendre ce concept simple), la course à l'Europe qui fait grimper les prix et asphyxie quand même une partie de la population, le pessimisme des uns face à l'optimisme des autres, etc... Bref, il y a de quoi disserter sur le sujet !

A quelques de jours du départ je découvre encore des endroits géniaux et insolites, qui poussent un peu partout pendant que d'autres disparaissent. Pour ça Budapest est très particulier. Je ne sais pas si il s'agit d'un effet "capitale de l'Est en plein changement" mais les choses bougent à toute vitesse. Cela se ressent surtout sur l’immobilier qui à l’air de grimper, entraînant les promoteurs à mettre par terre des pâtés de maison entiers pour mieux les reconstruire avec les normes Européennes de l’Ouest. Par « normes » j’entends les normes spatiales. C'est-à-dire que les immeubles construits principalement dans le style Austro-Hongrois pendant le règne des Habsbourg ont généralement des étages qui ont 3 ou 4 mètres de hauteur. Luxe assez agréable je dois dire, mais voilà, pour une même hauteur d’immeuble les nouvelles reconstructions passent de 3 à 5 étages, rendement de l’espace oblige.

Du coup, beaucoup d’immeubles sont en attente de destruction et c’est là que d’éclairés businessmen (parce-qu’il s’agit bien de ça) tirent leur épingle du jeu. En gros, ils bénéficient de bails à tarif très intéressant pour investir les lieux pour une année ou un peu plus, et y ouvrent un bar aménagé rapidement dans un style qu’on appellerait « alternatif » ou « underground », font salle comble tous les week-end une fois le message passé, et finissent par rendre la clef pour que l’immeuble soit détruit.

C’est le cas de la majorité des endroits que je fréquente ici, comme le « petit » West Balkan que j’ai découvert en arrivant, qui a fermé un jour et la semaine suivante était par terre. Le « gros » West Balkan reste lui toujours debout mais pour combien de temps ?

A l’inverse j’ai découvert cette semaine le Corvinteto ouvert depuis 10 jours seulement, bar génialissime sur le toit d’un immeuble surplombant Blaha Lujza ter.

Le Tuz Tate (anciennement Tuz Rak Ter, dont j’avais déjà parlé sur ce blog) est lui complètement à ciel ouvert entre un ancien immeuble vide et délabré qui sert de mur de projection et un autre flambant neuf. Sans doute un des endroits où l’infrastructure en est réduite à son stricte minimum : une simple gouttière en guise de toilettes pour les hommes et une salle de concert en sous-sol où un DJ pose ses platines sur une table avec des tréteaux, seul et unique meuble ou élément décoratif de la pièce.

Souvent ces endroits possèdent des cours intérieures (autre caractéristique de l’époque Austro-Hongroise) appelées "Kert"ce qui les rend encore plus agréables l’été. Le Szimpla en est sans doute l’exemple le plus connu, et devrait j’espère échapper à la destruction vu la notoriété qu’il a acquise, qui sait ? (il résiste quand même depuis quatre ans, un record).

Le Szoda lui n’a pas eu cette chance et a perdu son "Kert" dans cette valse folle des bars.

Bref, il y a énormément de bar de ce genre, je n’ai jamais vu rien de tel en France et c’est exactement le genre d’endroit qui va me manquer (oui parce qu’on peut aussi aller y travailler l’après-midi, une connexion Internet sans fil étant disponible !). D’autant plus que rien ne dit qu’ils seront toujours debout lors de ma prochaine visite à Budapest. Je pense en plus qu’à terme ils seront amenés à disparaître, la Hongrie devant se plier aux normes Européennes en matière de sécurité et le prix de l’immobilier augmentant sans cesse. Reste à savoir dans combien de temps Budapest sera définitivement une capitale de l’Ouest avec des bières à 5€ la pinte, des interdictions de vente d’alcool après minuit et port de baskets interdit ! Bon au pire, on ira se consoler en Ukraine ou en Russie…

lundi 21 mai 2007

Finito !

Ca y est ! Après une dernière nuit de 2 heures divisée en goodbye-party pour ceux que je ne reverrai pas à mon retour, et une difficile rédaction d'introduction et de conclusion de mémoire entre 5 heures et 7 heures du matin, celui-ci est rendu ! Dans 1H30 je prends le train pour la Croatie, les 15 heures de trajet de ne seront pas de trop pour rattraper mes seulement 10 heures de sommeil sur les trois dernières nuits... Un farniente qui sera donc bien mérité, et pour vous faire baver un peu, dans 24 heures je serai là !!!

jeudi 10 mai 2007

(Last) Straight line...

Encore un petit bout de temps que je n'avais pas donné de nouvelles... La fin approche à grands pas, les visites d'amis et de famille se succèdent, il fait super beau et mon mémoire est presque bouclé, bref emploi du temps plus que chargé. Olivier un ami de Lille est venu passer une petite semaine pendant laquelle on a escaladé notre première paroi rocheuse de 20 mètres à main nu (ok avec sécurité, je ne m'appelle pas Cliffhanger), fais mes premiers portés à l'école de cirque, dormis au bord du Danube sur la rive Slovaque d'Esztegöm au Nord de la Hongrie, et bien visité Budapest à vélo pendant le Critical Mass. Je ne connaissais pas le principe de ce dernier, qui d'ailleurs n'avait pas grand chose à voir avec l'idée d'origine, mais de pouvoir faire un tour en vélo dans des rues sans voiture est bien appréciable. La fameuse "masse" était super impressionnante, environ 50 000 vélos lâchés dans les rues de Budapest et à l'arrivée ça donne ça : (cette vidéo est aussi l'occasion d'apprendre à compter en Hongrois : "5: öt, 4: négy, 3: három, 2: kettö, 1: egy, 0: nulla", pour le reste je ne comprends toujours rien).

Ensuite Marco est arrivé avec la pluie, après un mois de temps magnifique il fallait bien que ça s'arrête ! Heureusement ça n'a pas duré trop trop longtemps, mais suffisamment pour qu'on annule notre périple dans le Paradis Slovaque pour mieux improviser une expédition à Viségrad situé à un peu moins de cent kilomètres au Nord de Budapest, toujours sur le Danube. On s'est quand même motivés pour partir à 4h30 du matin en fin de soirée ce qui fait que François et Audrey (deux autres Erasmus) nous ont suivi, plus on est de fou, plus on rit, mais moins on dort... Notre sieste après le levé du soleil a été interrompue au bout d'une heure par quelques gouttes, il a donc fallu retraverser la jungle Hongroise pour traverser par bateau le Danube séparant Nagymaros de Viségrad :

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Le coin est vraiment magnifique, le Danube se faufile ici entre deux ensembles de collines toutes vertes sur lesquelles plein de petites maisons toutes mignonnes ont poussé. Pour éviter la pluie nous nous sommes réfugiés dans un restaurant pour finalement reprendre le train pour Budapest après une petite promenade digestive, la météo n'était pas avec nous ce jour là... Après quelques jours de vie nocturne Marco passe le relais à ma soeur Estelle, son copain Olivier et notre grand-mère, et hop je met la casquette du touriste : Tour Bus, Musée de la Terreur, visite commentée en bateau etc... Finalement on a beau critiquer le programme du parfait touriste, on y apprend quand même pas mal de choses !

Tout ce petit monde est maintenant reparti, et il faut que je me remette dans une motivation travail pour boucler mon mémoire dans les jours à venir. La perspective de deux semaines en voiture entre îles Croates et Slovénie avec Estelle et Olivier suffit largement à me motiver. Départ prévu dans une semaine, après ça il ne me restera plus que dix petits jours pour pleinement apprécier Budapest une dernière fois avant le retour au bercail... Time is running out...

EDIT: Apparement Marco à bien apprécié son séjour en Hongrie, il y a un peu plus de détails sur son blog. Blog qui promet d'ailleurs de bien belles choses durant les mois à venir puisque le voilà fraichement arrivé à Lomé au Togo pour presque cinq mois !

mardi 20 mars 2007

Omelette et gaz lacrymogène

Jeudi dernier était l'occasion pour la Hongrie de fêter l'anniversaire de sa révolution du 15 mars 1848, une parmi tant d'autres en Europe cette année là. Je ne vais pas m'attarder sur le côté historique de l'évènement, ceux que ça intéresse pourront trouver plus d'informations sur Wikipedia (en anglais par contre, il n'y étonnement pas de traduction française de cet article). Si j'en parle ici c'est que cette journée qui correspond à la fête nationale Hongroise a permis de constater que les tensions nées en septembre suite au discours du premier ministre, et qui avaient eu des conséquences assez violentes sur le bi-centenaire de la révolution du 23 octobre, ont encore une fois été à l'origine de débordements jeudi dernier.

Comme beaucoup de Hongrois qui ont préféré quitter Budapest et profiter de quatre jours de weekend je n'étais pas présent lors des manifestations : l'appel d'une première randonnée printanière dans le Mara Mures au Nord de la Roumanie a été plus fort que ma curiosité de voir ce qui se passerait dans les rues Hongroises. Du coup je ne vais faire ici que relayer les informations que j'ai pu lire à droite à gauche dans différents journaux, je ne suis pas sûr qu'en cette période de campagne présidentielle les médias français laissent un peu de place à ce genre d'actualité...

Comme le 23 Octobre dernier la journée a commencée par des rassemblements pacifiques sur les lieux historiques de la révolution, puis certains ont rejoins la manifestation organisée dans l'après-midi qui a compté entre 100 000 et 200 000 manifestants. Celle-ci n'étant autorisée que durant l'après-midi, elle a été considérée comme illégale à partir du début de soirée et la police a alors tenté de disperser la foule. Les affrontements se sont intensifiés quand les autorités ont annoncé avoir arrêter Gyorgy Budahazy, un politicien d'extrême droite soupçonné d'avoir organisé les violences de septembre dernier, qui était jusqu'alors introuvable. Les manifestants d'extrême-droite ont alors tenté de couper le cordon de police qui bloquait l'accès du Bureau National d'Investigation où Gyorgy Budahazy était retenu. Le problème est qu'encore une fois ces violences sont implicitement soutenues par l'opposition (Fidesz, parti politique de droite) qui revendique le droit du peuple de demander à un gouvernement qui ne respecte pas ses engagement de libérer la place. Pendant un discours devant le Parlement, certains membres du gouvernement de gauche ont d'ailleurs dû sortir les parapluies malgré le beau temps pour se protéger d'une pluie d'oeufs !

Là où l'on ne pourrait voir que des revendications politiques, l'importante concentration dans cette manifestation de militants d'extrême-droite a apporté, outre les violences, des dérives anti-sémites. Un groupe d’extrémistes appelant à une "meilleure Hongrie" c’est-à-dire dépourvue de juifs, diffusait des propos antisémites par le bais de pétitions dans le métro. Hasard de calendrier ou non, il se trouve que l'historien révisionniste (négationniste) David Irving, fraichement sorti d'une prison Autrichienne en Décembre dernier pour avoir nier l'existence des chambres à gaz, était invité à Budapest au même moment par la formation d'extrême droite MIEP pour participer à un rassemblement extérieur à la manifestation (contrairement à l'Autriche, le négationnisme est légal en Hongrie). Face à la violence des nationalistes extrémistes hongrois, le président de la communauté juive du pays a ouvertement demandé aux habitants juifs de quitter la Hongrie en ce jour de fête par crainte que les nationalistes antisémites ne s’en prennent aux Juifs ou aux institutions juives. Par contre, et c'est là que ça se complique et que les suppositions vont bon train, selon Al Jazeera entre 100 et 200 militaires Israéliens seraient arrivés en Hongrie quelques jours avant la fête nationale. Certains pensent qu'ils auraient pu venir pour protéger la synagogue de Budapest (deuxième plus grande du monde après New York), d'autres pour augmenter les forces de répression en suppléant la Police hongroise (peu probable à mon avis), permettre un éventuel repli du Premier Ministre et du gouvernement (le 23 octobre des forces armées américaines étaient stationnées à l’aéroport de Budapest, en cas de nécessité d’évacuation), ou tout simplement en vacances pour visiter la synagogue. Bizarre, bizarre...

Pour en revenir aux débordements, il n'y a heureusement eu que cinq blessés légers contrairement au 23 octobre où deux manifestants avaient partiellement perdu la vu après que les forces de police aient tiré des balles en caoutchouc dans la foule. Une utilisation abusive de la force avait d'ailleurs été dénoncée et finalement reconnue par le gouvernement après qu'une commission spéciale ait conclue dans son rapport à huit cas avérés de violence policière. Détail qui a son importance, presque toutes ont pu être constatées grâce à des vidéos amateurs mais malheureusement aucun policier n'a pu être identifié grâce à ces vidéos car aucun d'entre eux ne portait ce jour là son numéro de matricule pourtant obligatoire.

Le fait que ce soit des vidéos amateurs qui aient permis de constater ces bavures a donc son importance puisqu'en France le projet de loi relatif à la prévention de la délinquance et qui a été validé par le Conseil constitutionnel le 3 mars dernier comprend un article qui interdit "le fait d’enregistrer sciemment par quelque moyen que ce soit, sur tout support que ce soit, des images relatives à la commission de ces infractions (atteintes volontaires à l’intégrité de la personne)". Ceci n'est pas applicable lorsque "l’enregistrement ou la diffusion résulte de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public ou est réalisé afin de servir de preuve en justice". Cet amendement a été ajouté pour enrayer le phénomène du "happy slapping" (la "joyeuse claque", qui consiste à réaliser une agression qui sera filmée par des complices avec un téléphone mobile pour ensuite être diffusée sur Internet). Il y a par contre un petit problème et Reporters sans frontières s'en inquiète : "Les passages de ce texte censés traiter du ’happy slapping’ ont en réalité une portée beaucoup plus large. Les internautes se voient désormais interdire de publier des vidéos montrant des violences sur personne, même si ces actes sont commis par les forces de police". Pas forcément évident me direz-vous de savoir, au beau milieu d'une manifestation qui tourne au vinaigre, si ce que l'on film pourra servir de preuve en cas de dérapage... En tout cas, avec cette loi en Hongrie il aurait été impossible de dénoncer l'usage abusif de la force qui a été longtemps démenti par le gouvernement.

mercredi 7 mars 2007

Ils sont partout !

Les Hongrois ne sont peut-être que dix millions mais on peut en trouver un peu partout, à Paris par exemple, mais parfois beaucoup, beaucoup plus loin... Charles Simonyi après être né à Budapest en 1966 et avoir étudié dans mon université, a levé les voiles pour travailler chez Microsoft avant de monter sa propre entreprise et de devenir milliardaire. Du coup ce n'est plus en avion que monsieur veut voyager mais bien en fusée ! Il décollera en effet dans un mois exactement, le 7 avril, à bord du vaisseau Soyouz pour rejoindre la Station Spatiale Internationale (ISS). Ce sera le cinquième touriste de l'espace, et sans doute pas le dernier si Richard Branson, le PDG de Virgin, réussi à réaliser son rêve de construire un hôtel spatial.

Si jamais vous gagnez au loto et seriez intéressé par ce genre de vacances il vous suffit de réserver votre billet chez Space Adventures pour la modique somme de 15 millions d'euros...

mercredi 21 février 2007

Hongrois & Rap

Parmis les Hongrois expatriés en France, il en est des plus facile à reconnaitre que d'autres : Sarkozy, par exemple, est typiquement Hongrois (prononcer "Charkôzi" en roulant le 'r') et pour preuve j'en ai un dans mon immeuble. Pour ceux qui ne le savent pas, Pál Sárközy de Nagybocsa, père du petit Nicolas, a été contraint à l'exil par l'Armée Rouge quand celle-ci a envahie la Hongrie - dernier satellite du Troisième Reich - en 1944.

Pour la famille Kassovitz cela parait moins évident, ce nom étant plus d'origine juive que Hongroise, et pourtant c'est bien le père de Mathieu Kassovitz, Péter Kassovitz, qui a quitté Budapest pendant la révolution de 1956. J'ai appris ça en discutant avec un Américano-Portoricain étudiant en cinéma Hongrois et dont La Haine est un de ses films préférés (et parait-t-il assez connu en Hongrie).

Ca m'a du coup donné envie de revoir ce film que j'ai du voir pour la dernière fois il y a dix ans, et outre le fait que douze ans après sa sortie il est plus que jamais d'actualité, il m'a bien replongé dans le rap qu'on écoutait tous au collège. Pour ceux qui seraient passés à côté, La Haine est un film en noir et blanc qui suit pendant une journée trois jeunes de la cité des Muguets après qu'ils aient découvert le pistolet d'un policier perdu dans les émeutes. Film référence sur le malaise des banlieues françaises, à voir vraiment. J'ai donc par la même occasion ressorti deux albums que je n'avais pas écouté depuis très très très longtemps et qui fêteront cette année leurs 10 ans.

Là encore ceux-ci pourraient avoir été produits l'année dernière : à l'écoute des paroles de Suprême NTM on se dit que finalement rien n'a changé depuis sa sortie en ce qui concerne les critiques faites au gouvernement dans la gestion du problème des banlieues. La même année I Am nous pondait L'Ecole du Micro d'Argent, autre monument du rap français qui n'avait à l'époque rien à envier aux Américains (ok, la production était américaine). Je me souviens qu'en 5ème ce fût mon premier disque, reçu comme cadeau en même temps que je soufflais mes 12 bougies, quand écouter du rap était très mode. Aujourd'hui j'ai l'impression que la tendance est plutôt au rock dans les collèges et les rappeurs viennent désormais d'un tout autre type de banlieue, genre Versailles pour le Klub des Loosers, ça change....

Bref on ressort les "vieux" disques et ça donne ça :

NTM, That's my people

vendredi 22 décembre 2006

Boldog Karácsonyt / Joyeux Noël

Voilà enfin les vacances ! Et pas des ridicules puisque je ne remets pas les pieds à l'université avant le 15 Février, du jamais vu pour des vacances de noël !!! Ca m'a pour l'instant laissé le temps de souffler à Budapest que je quitte demain pour un retour au pays. J'apprécie donc de pouvoir prendre mon temps, de me promener au marché de Noël en parfait touriste, d'enfin prendre en photo le Danube au-dessus duquel je passe deux fois par jour, et puis encore un petit tour dans les bains histoire de se refaire une santé. Le fait de voir tout les étudiants qui n'étaient là que pour un semestre rentrer définitivement chez eux m'a encore plus donné envie de profiter de chaque instant ici.

Avant trois semaines de probable silence radio, voilà donc enfin Budapest en images (les manifestations ça ne compte pas !). Ayant donc le temps et l'envie d'en profiter j'ai préféré plutôt que de circuler en tram/métro comme je le fais d'habitude, me déplacer à pied. Voilà donc Szabadsag hid (pont de la liberté) qu'emprunte le tram qui me ramène tous les soirs chez moi, avec la vue sur un Danube brumeux le matin mais illuminé le soir. Au passage, vous pouvez désormais agrandir les photos en cliquant dessus. Ca, c'est fait...

Encore le pont de la liberté et cette bonne vieille ligne 49 avec ses portes coulissantes et ses ampoules dénudées pendues au plafond, une des plus vieilles de Budapest avec la 4-6 et pourtant toujours aussi efficace. Pour l'anecdote la ville est en train d'essayer de remplacer ces trams par une nouvelle version en un seul bloc (un peu comme la ligne 1 du métro parisien pour ceux qui voient) plus de rapide, plus confortable, etc... mais celui-ci tombe tout le temps en panne ! Au moins l'ancien c'est du solide mais accrochez-vous !

Toujours ce même tram mais de l'autre côté du pont, côté Pest cette fois, devant le plus grand marché couvert de Budapest près de Kalvin Tér.

On y trouve tout ce qu'il faut pour ses courses de la semaine : du supermarché au sous-sol, en passant par le rez-de-chaussé et plus classique marché de légumes, charcuterie et paprika, jusqu'au premier étage un peu plus orienté tourisme. C'est ici que vous trouverez les t-shirt souvenirs, les fameux jeu d'échecs made in Hongrie, les jupons en dentelle, les poupées "Russes", mais surtout une cantine à prix très abordable (le prix d'un Resto U français pour un ordre d'idée) pour un repas typiquement Hongrois.

En continuant en direction de mon appartement je dois passer par Déak Ter où à l'approche de Noël les sapins se vendent par centaine. Des camions viennent tous les jours décharger leur cargaison rapidement vendue. Je ne sais pas si il y a la même distribution de sapins dans les grandes villes françaises mais j'ai rarement vu autant de sapins accompagnés de leur maitre dans le métro.

Mais Budapest c'est aussi, et toute l'année, des concerts dans un théâtre national Béla Bartok (du nom du plus célèbre compositeur Hongrois) fraichement construit et à des prix imbattables (0,80€ pour les étudiants au dernier balcon) comme Boban Markovic, Buena Vista Social Club ou notre 'Titi' Robin national (pour les amateurs de musique tzigane)

Ou un dimanche après-midi au Szimpla, bar emblématique des "underground pubs" installés dans de vieux immeubles en réfection tout comme le West Balcans ou le Kuplung. Le Szimpla a quand à lui ce petit plus par rapport aux autres qu'est de proposer à ceux qui veulent de venir vendre leurs créations tous les dimanches après-midi, ça va du porte-monnaie en chambre à air à l'horloge faite à partir d'un vinyle taggé. Les après-midi de semaine c'est un endroit calme et sympa pour venir travailler ou utiliser le Wi-Fi avec un chocolat chaud à la main. Mais cela reste un bar et tous les soirs il retrouve sa fonction première : débit d'alcool, musique et parfois même concerts. Un must l'été quand la terrasse extérieure est ouverte !

C'est aussi le plaisir des après-midi crevettes à se laisser barboter dans une eau à 38°C en regardant le soleil se coucher ou pour les plus cérébraux des parties d'échecs water-proof. Pour les échecs remarque c'est un peu partout, à la sortie des gares, dans les stations de métro, où une cigarette au bec les générations s'affrontent. Pour la photo je l'ai prise cet après-midi à Széchényi dont je parlais déjà ici), de loin mes bains préférés !

Voilà, il y aurait encore 10 000 autres choses à raconter sur cette ville mais je m'en garde un peu pour l'année prochaine, et un gros sac de voyage vide n'attend pus que moi pour se remplir, décollage demain matin pour le pays du bon fromage qui pue !

EDIT 29/12/2006 : 'Titi' Robin est bel est bien connu en France puisqu'il était l'invité du 13H de France 2 aujourd'hui

Referencement Olivier Duffez Ce site est listé dans la catégorie Pays : Hongrie
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